Restaurer la connexion originelle

Question : Est-il possible de cultiver un désir pour la spiritualité sans passer par un état de vidage et de remplissage ?

Réponse : Non, c’est impossible. Le fait est qu’autrefois nous étions tous un, une seule âme (Adam). Ensuite, cette âme a été brisée en beaucoup de petites parties, des milliards de points d’âmes privées. Cependant, puisqu’il y avait un contact entre elles, il y avait une union; ces contacts ont cessé de fonctionner.

Quelle est la différence entre une personne décédée et une personne vivante ? Le fait est que chez une personne vivante il y ait une connexion constante, le renouvellement des liens, mais chez les morts, cela ne se produit plus. Par conséquent, notre condition est appelée « spirituellement mort ».

Que devons-nous faire ? Nous unir . C’est dans le processus d’union que nous acquerrons de plus en plus notre âme commune.

Nous devons complètement restaurer notre connexion originelle, qui existait avant le prétendu « péché », avant la brisure de l’âme commune.

Extrait de la leçon de Kabbale en russe, le 20/01/2019

Restriction et coup

La restriction (Tsimtsoum), c’est lorsque je ferme mon désir, me refusant de recevoir du plaisir, comme un bébé qui ferme sa bouche et refuse de manger. Un coup (Bitoush) suppose déjà une condition : si j’ai la possibilité de manger pour faire plaisir à ma mère, j’ouvrirai volontairement ma bouche. Mais je n’ai pas une telle opportunité pour le moment, alors que dois-je faire ? Aide-moi, donne-moi le désir de te plaire, et je serai heureux de m’ouvrir pour recevoir.

La restriction est une action inconditionnelle et le coup est donné à condition que je sois prêt à prendre du plaisir s’il y a une adhésion entre nous. Dans le coup, mon but est l’union. Pendant que vous êtes en restriction, il n’y a pas d’objectif pour l’union, mais seulement le fait de vous empêcher vous-même de recevoir. Je ne veux aucun contact parce que je n’ai aucune force pour plus, seulement pour me restreindre ; sinon, je brûlerai de honte.

La frappe est déjà au-dessus de la honte. Je ne prends plus en compte la honte, mais je pense uniquement à l’amour et à l’union entre nous, en s’élevant au-dessus de l’égoïsme. Avec un coup, je montre que je suis prêt à recevoir un plaisir, pas pour moi, mais seulement pour le plaisir de l’hôte.

Au début, nous vérifions notre relation avec l’hôte, et ce n’est que lorsque cette connexion spirituelle du cœur est née que nous pouvons la traduire en action, et que celle-ci descend dans la matière en désir d’avoir du plaisir. Par conséquent, tout d’abord, la décision est prise dans Roch du Partsouf, dans des pensées et des sensations pures, déconnectées du vêtement de la Lumière dans le désir, dans la matière. Vous pouvez ensuite effectuer cette action, étape par étape, du facile au complexe : la Lumière de Nefesh, RouakhNeshamaHaya et Yechida.

Extrait de la 1ère partie de la leçon quotidienne de la Kabbale, « Préface à la Sagesse de la Kabbale », le 17/06/2019

Le vrai plaisir

Question : Si le but de la création est d’apporter du contentement au Créateur, alors lorsque je reçois du plaisir, pourquoi est-ce que je ne réalise pas le but de la création ?

Réponse : Le but de la création n’est pas de recevoir du plaisir. Après tout, lorsque vous aimez quelque chose, vous remplissez votre égoïsme animal et rien de plus. Ce n’est pas le plaisir. Nous sommes comme de petits enfants qui pensent qu’ils se sentent bien s’ils mangent quelque chose de sucré.

Le vrai plaisir n’est possible que lorsque vous êtes absolu, éternel, parfait, dissous, répandu entre tous les mondes et que vous n’avez aucune sorte de limitation. C’est l’état de satisfaction absolue. Vous devez atteindre un tel état.

Pour ce faire, vous ne devriez pas simplement recevoir du plaisir de votre petit corps temporaire ; au lieu de cela, vous devez vous élever au niveau de connexion aux autres où le Créateur vous remplit tous ensemble.

Extrait de la leçon de Kabbale en russe, le 17/03/2019

Des kabbalistes infaillibles ?

Question : Existe-t-il un culte de la personnalité dans la Kabbale ? Croyez-vous en l’infaillibilité de certains auteurs ou faudrait-il tout traiter avec un certain degré de scepticisme ?

Réponse : Franchement, avec ma petite atteinte spirituelle, je ne peux pas me permettre d’évaluer les kabbalistes. En effet, malgré le fait que je ressente, comprenne, atteigne, et demeure dans un espace spirituel, je suis dans cet espace au niveau d’un garçon de quinze ans de notre monde.

Que puis-je dire à ce sujet ? Dans le monde spirituel, lorsque vous comprenez même à un tel niveau, vous avez le sentiment que vous n’êtes qu’un ado, que vous ne savez pas grand-chose et que, par conséquent, vous ne pouvez pas ouvrir la bouche, critiquer ou donner aucune évaluation.

Puis-je critiquer des kabbalistes tels que mon professeur le Rabash et son père le Baal HaSoulam ou ceux qui les ont précédés : le Baal Shem Tov et le Ari ? Ils sont tous dans l’atteinte absolue du Créateur. De ce fait, je n’ai rien à dire à ce sujet.

J’accepte leurs livres comme une connaissance absolue. Ce sont des gens qui n’ont commis aucune erreur en s’élevant à leur niveau, et leur niveau est pratiquement dans la réparation finale (Gmar Tikoun).

La seule différence entre eux est que chacun l’a atteinte depuis la racine de son âme, il y a donc une différence dans la présentation. Mais pour moi, c’est vraiment une bonne chose. Je lis à partir d’un seul angle à propos de l’atteinte du monde supérieur, puis d’un autre, d’un troisième et cela me développe.

Extrait de la leçon de Kabbale en russe, le 10/03/2019

Percer la coquille de l’égoïsme

Question : Pourquoi, dans les concepts spirituels, existe-t-il les propriétés de bravoure, de courage et de dévotion ?

Réponse : Tout ceci, c’est du travail avec votre ego. L’égoïsme se tient entre moi et le Créateur comme une coquille isolante.

Elle m’entoure de tous les côtés et je m’y trouve comme dans un cocon, incapable de transférer quoi que ce soit vers l’extérieur ou de percevoir quoi que ce soit de l’extérieur, sauf à travers lui. C’est notre problème. Ainsi, nous devons constamment le marteler. Dès que nous le perçons et regardons en dehors de la coquille de l’égoïsme, nous verrons alors le monde réel.

Pour cela, il faut beaucoup de courage et certainement l’aide des amis sans qui il est absolument impossible d’aller dans cette direction.

Question : Pour quelle raison avons-nous besoin de dévotion et envers qui ?

Réponse : Frapper son égoïsme est très douloureux. Il doit être martelé longtemps avant de percer la coquille et, comme un poussin, vous jetez un coup d’œil dehors. Ici, nous devrons travailler très sérieusement avec une dévotion totale à notre groupe et au Créateur.

Extrait de la leçon de Kabbale en russe, le 24/03/2019

Connectez-vous à la Shechina

Si vous faites une bonne et véritable estimation, cela deviendra immédiatement évident que vous ne pouvez pas demander pour vous-même. Après tout, en cela je me sépare de l’âme commune dans laquelle réside le Créateur, de la Shechina. En demandant pour moi-même, je me coupe de la Shechina. Il est nécessaire de demander pour tout le monde, et dans la mesure où je peux me connecter à la Shechina et m’immerger dans cette union, je ressentirai que la Shechina est l’endroit où vit le Créateur, et je peux Le révéler, me rapprocher et même adhérer à Lui. Tout dépend uniquement de mon attachement grandissant au Kli général.

Par conséquent, demander pour soi-même revient à se couper de la source de la vie. Nous ne le ressentons pas et nous nous trompons. Mais une personne qui voit le système comprend qu’il est très simple et que le Créateur s’y trouve à l’intérieur. Nous devons demander qu’une seule chose : appartenir à cette Shechina, au système dans lequel nous sommes tous inclus, mais nous ne le réalisons pas à cause de la dissimulation. C’est stupide de demander pour soi-même, car par cette demande une personne s’éloigne du bien. (1)

Extrait de la 1ère partie de la leçon quotidienne de Kabbale, La Dizaine est un seul HaVaYaH  [Seigneur] général, le 01/07/2019

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Pourquoi les juifs sont-ils considérés comme intelligents ?

Remarque : Vous avez dit que pour qu’une personne devienne aristocrate, il faut l’éducation de plusieurs générations.

Mon commentaire : Ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, les gens ont beaucoup de temps libre à consacrer à l’étude. Plusieurs générations de personnes qui étudient beaucoup et pendant longtemps deviendront des personnes complètement différentes.

Pourquoi croit-on que les juifs sont intelligents ? En fait, ils ne sont pas plus intelligents que les autres. Mais ils encouragent l’étude de la Torah et du Talmud depuis plusieurs milliers d’années.

Il n’y avait pas un seul enfant qui n’apprenait pas à lire, qui ne savait ni lire ni écrire et qui n’étudiait pas ces livres tout le temps. Ces livres exposaient les lois judiciaires, toutes sortes de problèmes à résoudre. C’était leur formation intellectuelle.

Je suis sûr que dans 100 à 200 ans, nous verrons que l’humanité sera pareil. Le fait est que, quoi qu’un pays ait traversé en 2000 ou 3000 ans, d’autres le feront en 200 ans.

Extrait de la leçon de Kabbale en russe, le 24/03/2019

Le 14 juillet : révolutions d’hier, révolutions de demain

Mon article pour le 14 juilllet  publié dans le Times of Israel en français

Cette année la France va célébrer son 14 juillet après une première moitié de 2019  tumultueuse : entre les gilets jaunes, l’antisémitisme croissant, la cathédrale de Notre Dame en flamme, la canicule et les conflits sociaux qui s’accumulent, certaines publications dans la presse française ont même été jusqu’à mentionner une atmosphère propice à une révolution.

En effet, la Révolution française, qui fête ses 230 ans cette année, reste à bien des égards, un symbole de la lutte pour la liberté et d’égalité pour tous. Pour rappel, c’est la révolution française qui a amené les Juifs de France à sortir des ghettos et à acquérir un statut de citoyen à part entière.

Il est donc intéressant de s’interroger sur l’héritage de ces valeurs dans la société française d’aujourd’hui qui doit faire face à son plus grand défi: maintenir une cohésion sociale – laquelle est fortement ébranlée par les vagues migratoires auxquelles toute l’Europe fait face.

Pour chaque pays, la bonne intégration de ses habitants est ce qui assure son identité, sa force et son unité. La France a déjà dû faire face par le passé à des vagues migratoires, lesquelles se sont toutes relativement bien intégrées, après un certain temps, notamment grâce aux valeurs universelles de liberté, d’égalité, de respect transmises par l’existence d’un système d’éducation laïque accessible à tous.

Cependant aujourd’hui ceci ne semble plus suffisant.

A titre de comparaison, Israël, pays construit sur l’immigration des Juifs du monde entier est un pays d’une grande diversité culturelle qui n’est pas toujours facile à vivre au quotidien, mais les racines communes permettent de faciliter le processus d’intégration.

La différence, si c’en est une, entre ces deux pays est que l’unité du peuple Juif repose sur son héritage du judaïsme au cours des milliers d’années d’exil. La France quant à elle, doit son unité à l’adhésion de ses membres à ses valeurs universelles. Si une communauté n’adhère pas, l’intégration échoue.

En fait, peu importe où nous vivons, nous voyons que la fracture sociale est en fonction de l’existence de valeurs communes qui encouragent au vivre ensemble.

Israël a son principe tiré de la Torah “Aime ton prochain comme toi-même”, et la France a sa devise “liberté, égalité, fraternité” mais au-delà des slogans et des belles phrases, le monde a besoin d’un vrai contrat social basé sur l’unité, la solidarité et sur le souci de l’autre.

Ce contrat social n’est possible que grâce à une éducation qui amène les gens à comprendre la nécessité du vivre ensemble et enseigne comment l’appliquer réellement, sans devenir une philosophie moralisatrice stérile.

Si révolution il doit y avoir, où que ce soit dans le monde, la seule approche constructive est une révolution des relations humaines basée sur un enseignement adéquat pour tous.

 

La façon d’écrire du Baal HaSoulam et le Ramak

Question : Quelle est la différence dans la façon d’écrite entre le Baal HaSoulam et le Ramak (Rabbi Moshe Cordovéro, ndt) ?

Réponse : Il y a une énorme différence entre eux. En fait, le Ramak a tout expliqué du point de vue de la diffusion de la Lumière, alors que le Ari a expliqué du point de vue de la correction des Kélim, des récipients et des désirs. Puisque nous sommes un récipient et un désir, le système du Ari est plus proche de nous.

Quant au Baal HaSoulam, il est comme la continuation du Ari ; par conséquent, ses écrits expliquent le même système des écrans.

Extrait de la leçon de Kabbale en russe, le 10/03/2019

Avancer dans une plus grande foi

Question : Dès qu’une personne commence à comprendre ce qu’est la foi au-dessus de la raison, cela devient sa connaissance. Comment peut-on continuer à travailler au-dessus de la raison ? Il s’avère que tout ce que nous apprenons est constamment annulé au-dessus de la foi.

Réponse : Non, la connaissance n’est pas annulée, vous avancez simplement vers une foi encore plus grande. Vous recevez des connaissances supplémentaires et la foi que vous avez acquise devient connaissance. Encore une fois, vous devez avancer vers la foi au-dessus de la connaissance acquise. Voici comment vous vous déplacez, comme sur deux pieds.

Question : Est-ce que je deviens plus intelligent ?

Réponse : Vous devenez plus intelligent grâce à la foi, qui se transforme en connaissance.

C’est le travail en deux lignes. La foi s’élève et se transforme en connaissance. La foi s’élève et à nouveau devient connaissance. C’est-à-dire qu’il s’agit toujours de 1 puis 2, 1 puis 2, 1 puis 2, etc.

Question : Est-il vrai que plus je deviens intelligent, plus il est difficile d’avancer dans la foi au-dessus de la raison ?

Réponse : Pas nécessairement. Une personne comprend, s’habitue à cela et acquiert de l’expérience. Mais constamment un côté est à gauche et l’autre est à droite, et vous avancez comme sur deux pieds.

Extrait de la leçon de Kabbale en russe le 23/12/2018