Tout ce qui est amer n’est pas impropre à la consommation

Dr. Michael LaitmanSi nous jetons un coup d’œil sur notre propre histoire, nous pouvons voir que nous sommes constamment en développement. Bien que les niveaux végétal et animal de la nature ne changent guère au cours des siècles, nous nous développons à chaque succession des générations et même pendant la durée d’une seule génération.

Moi, par exemple, j’ai commencé ma vie dans la première moitié du siècle dernier, et avec la transition au 21e siècle, je vois la façon dont le monde a changé. À l’époque, les gens étaient attachés à des villages,  des communautés rurales, et des petites villes avec leurs façons réglées de vivre, alors que tout aujourd’hui est dynamique, tout est différent: les modes de pensée, les approches de la vie, et ainsi de suite.

Une question se pose donc: n’est-ce donc pas assez que nous naissions et vivions notre vie d’année en année? Pourquoi avons-nous besoin de changer? Il est évident qu’un nouveau-né a besoin de grandir dans le but de commencer à vivre une vie d’adulte significative, fonder une famille, avoir des enfants, et leurs passer ses acquisitions afin qu’ils continuent leur chemin. Mais pourquoi les gens ont-ils besoin d’un certain développement supplémentaire, en dehors de la chaîne des générations inhérente au monde animal? D’où vient cette opposition ? Quel est l’objectif du développement humain? C’est quelque chose que nous ne voyons pas.

Pourtant, nous pouvons établir une analogie avec un bébé qui n’est pas encore prêt pour la vie. Un long développement est nécessaire pour un enfant en vue d’acquérir la raison, la force, et le sentiment, jusqu’à ce qu’il ou elle apprenne réellement à comprendre la vie, l’organiser et la modifier. Peut-être que c’est la même histoire avec nous? Peut-être que des milliers d’années de notre développement sont comparables à la vie d’une personne? Peut-être que chaque siècle de l’histoire humaine est comme un an pour un enfant?

Cependant, nous ne voyons pas encore où nous allons. Le développement de l’enfant se produit sur un chemin bien tracé, et nous savons comment lui assurer tous les moyens nécessaires, y compris des exercices, des jeux, et un milieu spécialisé. Et pourtant, l’objectif du développement humain universel nous est inconnu, et c’est pourquoi nous ne remarquons pas l’état d’avancement des générations. Il nous semble que ce progrès est aléatoire.

Comme certains parents désemparés, nous nous penchons sur le bébé et ne comprenons pas d’où il vient et pourquoi. Nous n’avons pas la moindre idée sur la façon de l’élever, quel exercice lui donner, ou dans quel environnement le placer. En conséquence, notre petit foulera un sentier épineux, dépourvu des désirs nécessaires naturels qui le pousserait vers un véritable chemin.

Avec nos propres enfants, nous leur donnons des connaissances, inculquons des sentiments, nous leur enseignons la lecture et l’écriture, la musique et le dessin. Ils vivent dans un monde artificiel en comparaison duquel le monde extérieur des adultes semble comme une prairie sauvage.

Mais où sont les parents attentionnés et les éducateurs de l’humanité tout entière? Ils sont absents, et c’est pourquoi chaque génération, malgré tous les progrès, est plus misérable que la précédente : il lui manque plus. D’une part, nous nous réalisons de plus en plus, tandis que de l’autre, nous devenons de plus en plus vides.

Alors où exactement sommes-nous arrivés aujourd’hui? Qu’avons-nous accompli? Que nous donne tout notre développement ? Nous sommes allés dans l’espace, avons marché sur la Lune, mais ce sujet n’est pas particulièrement populaire ces jours-ci, c’est banal et superficiel. Nous avons obtenu des résultats impressionnants, ici sur Terre, mais nous n’avons toujours pas trouvé le bonheur, n’avons pas encore découvert la façon d’organiser notre vie.

La crise mondiale est en hausse, les familles s’effondrent, parents et enfants souffrent de même, la société est souffrante, les toxicomanies sont en plein essor, le terrorisme tonne, et la dépression est  une maladie de plus en plus répandue. Où est la joie? Où est la bonne humeur?

Il s’avère que l’humanité n’a pas de bons parents pour l’entourer avec soin et l’élever correctement.

Dans le même temps, nous voyons que la nature se soucie avec zèle du bon développement de chacune de ses parties. Lorsque nous devenons parents, nous faisons l’expérience de l’incommensurable amour pour nos enfants, nous ne voulons leur donner que le meilleur absolu, nous leur consacrons toute notre vie. Les meilleurs experts, des ressources énormes, et des technologies de pointe sont mises au service des enfants et de leur développement.

Et malgré tout cela, nous ne réussissons pas, même si la nature nous a fourni tous les moyens nécessaires. Elle nous a donné l’amour sans lequel  nous serions restés indifférents à nos enfants. De la même manière, les animaux aiment aussi leur progéniture.

En fin de compte, il devient évident que la nature, tout en s’occupant de l’élaboration de toutes les créatures, démontre à leur égard une attitude assez particulière. D’une part, elle crée des conditions sûres pour la croissance correcte en induisant chez les parents cet amour instinctif envers les enfants. En conséquence, nous n’avons pas d’autre choix, nous sommes tout simplement obligés de nous occuper d’eux. Mais d’autre part, nous voyons que l’espèce humaine ne parvient pas à atteindre le moindre succès.

Un fruit sur un arbre  naît amer et peu attrayant, mais à la fin il mûrit et apparaît dans toute sa gloire, juteux et parfumé. Que faire si nous sommes semblables à ce fruit? Que faire si en ce moment nous sommes au cours des étapes de transition du développement et n’avons tout simplement pas encore mûri? Il est possible que notre état actuel s’apparente à une pomme verte, aigre, dure qui n’a pas encore acquis ses pleines couleurs ? Sans le savoir à l’avance, comment peut-on prévoir la fin heureuse de son développement?

De même, en regardant un petit enfant insensé qui a encore beaucoup à faire pour devenir adulte, il est difficile d’imaginer qu’un jour il émerger à la vie adulte, pour agir de façon indépendante, et apprendra de nouvelles choses, en changeant le monde. En revanche, un animal se développe à peine au-delà de quelques semaines après sa naissance. En agissant par instinct, il ne se change pas lui-même, pas plus que le monde.

Par conséquent, les conclusions suivantes peuvent être tirées. Tout d’abord, notre développement se produit en plusieurs phases. Par ailleurs, plus « amère » est la création à l’origine, plus « douce » elle sera à la fin. Et plus elle se développe, plus lesétats qu’elle subit, plus magnifique sera la fin de son développement, et plus exaltées seront  ses réalisations.

En recueillant tous ces exemples que la Nature nous montre en une seule image, nous pouvons conclure que nous allons le long d’une voie particulière de développement. De génération en génération, nous nous développons comme un être qui n’a pas encore terminé les phases transitoires. C’est pourquoi nous sommes si « amers »,  avec si peu de succès. Toutefois, à la fin de notre développement, un merveilleux, et parfait état nous attend sans aucun doute.

Nous voyons que l’espèce humaine domine le monde végétal et animal. Un être humain est le couronnement de la création. C’est pourquoi le développement de l’homme prend le plus de temps. C’est pourquoi il subit les états les plus extrêmes sur le chemin, qui apparemment ne se rapportent pas à la même espèce.

Et dans la mesure où la nature qui nous développe est concernée, nous ne pourrons tirer de conclusions sur nous-mêmes et la relation de la nature avec nous, que lorsque nous verrons la fin du développement. Sinon, nous commettrions une erreur, tout comme avec la pomme, dont les premiers stades de maturation ne semblent pas promettre quelque chose d’utile.  C’est seulement à la fin qu’on voit avec quelle sagesse la nature l’a nourrie, formant un fruit merveilleux et délicieux.

Selon cette loi, nous devons reconnaître que nous aussi, faisons l’objet d’un développement similaire, et son but est sans doute pour nous amener à la fin des générations à un état aimable, merveilleux, sain, absolu, «doux», et beau.

 De KabTV «Une nouvelle vie »  Episode 2, 28/12/11

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