Des kabbalistes infaillibles ?

Question : Existe-t-il un culte de la personnalité dans la Kabbale ? Croyez-vous en l’infaillibilité de certains auteurs ou faudrait-il tout traiter avec un certain degré de scepticisme ?

Réponse : Franchement, avec ma petite atteinte spirituelle, je ne peux pas me permettre d’évaluer les kabbalistes. En effet, malgré le fait que je ressente, comprenne, atteigne, et demeure dans un espace spirituel, je suis dans cet espace au niveau d’un garçon de quinze ans de notre monde.

Que puis-je dire à ce sujet ? Dans le monde spirituel, lorsque vous comprenez même à un tel niveau, vous avez le sentiment que vous n’êtes qu’un ado, que vous ne savez pas grand-chose et que, par conséquent, vous ne pouvez pas ouvrir la bouche, critiquer ou donner aucune évaluation.

Puis-je critiquer des kabbalistes tels que mon professeur le Rabash et son père le Baal HaSoulam ou ceux qui les ont précédés : le Baal Shem Tov et le Ari ? Ils sont tous dans l’atteinte absolue du Créateur. De ce fait, je n’ai rien à dire à ce sujet.

J’accepte leurs livres comme une connaissance absolue. Ce sont des gens qui n’ont commis aucune erreur en s’élevant à leur niveau, et leur niveau est pratiquement dans la réparation finale (Gmar Tikoun).

La seule différence entre eux est que chacun l’a atteinte depuis la racine de son âme, il y a donc une différence dans la présentation. Mais pour moi, c’est vraiment une bonne chose. Je lis à partir d’un seul angle à propos de l’atteinte du monde supérieur, puis d’un autre, d’un troisième et cela me développe.

Extrait de la leçon de Kabbale en russe, le 10/03/2019

Percer la coquille de l’égoïsme

Question : Pourquoi, dans les concepts spirituels, existe-t-il les propriétés de bravoure, de courage et de dévotion ?

Réponse : Tout ceci, c’est du travail avec votre ego. L’égoïsme se tient entre moi et le Créateur comme une coquille isolante.

Elle m’entoure de tous les côtés et je m’y trouve comme dans un cocon, incapable de transférer quoi que ce soit vers l’extérieur ou de percevoir quoi que ce soit de l’extérieur, sauf à travers lui. C’est notre problème. Ainsi, nous devons constamment le marteler. Dès que nous le perçons et regardons en dehors de la coquille de l’égoïsme, nous verrons alors le monde réel.

Pour cela, il faut beaucoup de courage et certainement l’aide des amis sans qui il est absolument impossible d’aller dans cette direction.

Question : Pour quelle raison avons-nous besoin de dévotion et envers qui ?

Réponse : Frapper son égoïsme est très douloureux. Il doit être martelé longtemps avant de percer la coquille et, comme un poussin, vous jetez un coup d’œil dehors. Ici, nous devrons travailler très sérieusement avec une dévotion totale à notre groupe et au Créateur.

Extrait de la leçon de Kabbale en russe, le 24/03/2019

Connectez-vous à la Shechina

Si vous faites une bonne et véritable estimation, cela deviendra immédiatement évident que vous ne pouvez pas demander pour vous-même. Après tout, en cela je me sépare de l’âme commune dans laquelle réside le Créateur, de la Shechina. En demandant pour moi-même, je me coupe de la Shechina. Il est nécessaire de demander pour tout le monde, et dans la mesure où je peux me connecter à la Shechina et m’immerger dans cette union, je ressentirai que la Shechina est l’endroit où vit le Créateur, et je peux Le révéler, me rapprocher et même adhérer à Lui. Tout dépend uniquement de mon attachement grandissant au Kli général.

Par conséquent, demander pour soi-même revient à se couper de la source de la vie. Nous ne le ressentons pas et nous nous trompons. Mais une personne qui voit le système comprend qu’il est très simple et que le Créateur s’y trouve à l’intérieur. Nous devons demander qu’une seule chose : appartenir à cette Shechina, au système dans lequel nous sommes tous inclus, mais nous ne le réalisons pas à cause de la dissimulation. C’est stupide de demander pour soi-même, car par cette demande une personne s’éloigne du bien. (1)

Extrait de la 1ère partie de la leçon quotidienne de Kabbale, La Dizaine est un seul HaVaYaH  [Seigneur] général, le 01/07/2019

(1) : à 1 minute et 50 secondes

Pourquoi les juifs sont-ils considérés comme intelligents ?

Remarque : Vous avez dit que pour qu’une personne devienne aristocrate, il faut l’éducation de plusieurs générations.

Mon commentaire : Ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, les gens ont beaucoup de temps libre à consacrer à l’étude. Plusieurs générations de personnes qui étudient beaucoup et pendant longtemps deviendront des personnes complètement différentes.

Pourquoi croit-on que les juifs sont intelligents ? En fait, ils ne sont pas plus intelligents que les autres. Mais ils encouragent l’étude de la Torah et du Talmud depuis plusieurs milliers d’années.

Il n’y avait pas un seul enfant qui n’apprenait pas à lire, qui ne savait ni lire ni écrire et qui n’étudiait pas ces livres tout le temps. Ces livres exposaient les lois judiciaires, toutes sortes de problèmes à résoudre. C’était leur formation intellectuelle.

Je suis sûr que dans 100 à 200 ans, nous verrons que l’humanité sera pareil. Le fait est que, quoi qu’un pays ait traversé en 2000 ou 3000 ans, d’autres le feront en 200 ans.

Extrait de la leçon de Kabbale en russe, le 24/03/2019

Le 14 juillet : révolutions d’hier, révolutions de demain

Mon article pour le 14 juilllet  publié dans le Times of Israel en français

Cette année la France va célébrer son 14 juillet après une première moitié de 2019  tumultueuse : entre les gilets jaunes, l’antisémitisme croissant, la cathédrale de Notre Dame en flamme, la canicule et les conflits sociaux qui s’accumulent, certaines publications dans la presse française ont même été jusqu’à mentionner une atmosphère propice à une révolution.

En effet, la Révolution française, qui fête ses 230 ans cette année, reste à bien des égards, un symbole de la lutte pour la liberté et d’égalité pour tous. Pour rappel, c’est la révolution française qui a amené les Juifs de France à sortir des ghettos et à acquérir un statut de citoyen à part entière.

Il est donc intéressant de s’interroger sur l’héritage de ces valeurs dans la société française d’aujourd’hui qui doit faire face à son plus grand défi: maintenir une cohésion sociale – laquelle est fortement ébranlée par les vagues migratoires auxquelles toute l’Europe fait face.

Pour chaque pays, la bonne intégration de ses habitants est ce qui assure son identité, sa force et son unité. La France a déjà dû faire face par le passé à des vagues migratoires, lesquelles se sont toutes relativement bien intégrées, après un certain temps, notamment grâce aux valeurs universelles de liberté, d’égalité, de respect transmises par l’existence d’un système d’éducation laïque accessible à tous.

Cependant aujourd’hui ceci ne semble plus suffisant.

A titre de comparaison, Israël, pays construit sur l’immigration des Juifs du monde entier est un pays d’une grande diversité culturelle qui n’est pas toujours facile à vivre au quotidien, mais les racines communes permettent de faciliter le processus d’intégration.

La différence, si c’en est une, entre ces deux pays est que l’unité du peuple Juif repose sur son héritage du judaïsme au cours des milliers d’années d’exil. La France quant à elle, doit son unité à l’adhésion de ses membres à ses valeurs universelles. Si une communauté n’adhère pas, l’intégration échoue.

En fait, peu importe où nous vivons, nous voyons que la fracture sociale est en fonction de l’existence de valeurs communes qui encouragent au vivre ensemble.

Israël a son principe tiré de la Torah “Aime ton prochain comme toi-même”, et la France a sa devise “liberté, égalité, fraternité” mais au-delà des slogans et des belles phrases, le monde a besoin d’un vrai contrat social basé sur l’unité, la solidarité et sur le souci de l’autre.

Ce contrat social n’est possible que grâce à une éducation qui amène les gens à comprendre la nécessité du vivre ensemble et enseigne comment l’appliquer réellement, sans devenir une philosophie moralisatrice stérile.

Si révolution il doit y avoir, où que ce soit dans le monde, la seule approche constructive est une révolution des relations humaines basée sur un enseignement adéquat pour tous.

 

La façon d’écrire du Baal HaSoulam et le Ramak

Question : Quelle est la différence dans la façon d’écrite entre le Baal HaSoulam et le Ramak (Rabbi Moshe Cordovéro, ndt) ?

Réponse : Il y a une énorme différence entre eux. En fait, le Ramak a tout expliqué du point de vue de la diffusion de la Lumière, alors que le Ari a expliqué du point de vue de la correction des Kélim, des récipients et des désirs. Puisque nous sommes un récipient et un désir, le système du Ari est plus proche de nous.

Quant au Baal HaSoulam, il est comme la continuation du Ari ; par conséquent, ses écrits expliquent le même système des écrans.

Extrait de la leçon de Kabbale en russe, le 10/03/2019

Avancer dans une plus grande foi

Question : Dès qu’une personne commence à comprendre ce qu’est la foi au-dessus de la raison, cela devient sa connaissance. Comment peut-on continuer à travailler au-dessus de la raison ? Il s’avère que tout ce que nous apprenons est constamment annulé au-dessus de la foi.

Réponse : Non, la connaissance n’est pas annulée, vous avancez simplement vers une foi encore plus grande. Vous recevez des connaissances supplémentaires et la foi que vous avez acquise devient connaissance. Encore une fois, vous devez avancer vers la foi au-dessus de la connaissance acquise. Voici comment vous vous déplacez, comme sur deux pieds.

Question : Est-ce que je deviens plus intelligent ?

Réponse : Vous devenez plus intelligent grâce à la foi, qui se transforme en connaissance.

C’est le travail en deux lignes. La foi s’élève et se transforme en connaissance. La foi s’élève et à nouveau devient connaissance. C’est-à-dire qu’il s’agit toujours de 1 puis 2, 1 puis 2, 1 puis 2, etc.

Question : Est-il vrai que plus je deviens intelligent, plus il est difficile d’avancer dans la foi au-dessus de la raison ?

Réponse : Pas nécessairement. Une personne comprend, s’habitue à cela et acquiert de l’expérience. Mais constamment un côté est à gauche et l’autre est à droite, et vous avancez comme sur deux pieds.

Extrait de la leçon de Kabbale en russe le 23/12/2018

La Lumière du futur

Question : Quelle devrait être notre attitude vis-à-vis des manifestations négatives du Créateur s’il nous semble improbable que quelque chose de positif arrive après cela ? Ou vice versa ?

Réponse : Si je travaille dur en ce moment et qu’il me reste deux heures avant de finir ma journée de travail, mais que je sais qu’une magnifique soirée m’attend : je vais rentrer chez moi, me doucher, bien m’habiller et sortir avec une belle fille, est-ce que le temps passé à souffrir en travaillant est-il vraiment une souffrance pour moi ? Non, il est déjà teinté par la Lumière, par le plaisir que je recevrai le soir.

C’est ce qu’on appelle Ohr Makif (Lumière environnante), qui m’illumine maintenant du futur. Par conséquent, aujourd’hui je ne peux pas ressentir la souffrance. La souffrance est ressentie parce que je n’ai pas d’avenir.

Question : Si je ne vois pas le futur, alors je ne peux pas voir la prochaine étape dans laquelle une face positive sera révélée ?

Réponse : Ceci est une autre affaire. Comment puis-je m’assurer que, même si je ne vois pas la prochaine étape, je suis sûr que cela existe et que c’est dans mon intérêt ? Dans ce cas, vous devez créer un groupe qui vous soutiendrait à cet égard. Étreignez les amis et avancez.

Extrait de la leçon de Kabbale en russe, le 24/02/2019

Découvrir le monde supérieur ensemble

Question : Supposons qu’un ami s’élève au-dessus de lui-même, qu’il ressente l’union entre nous dans la dizaine et découvre le Créateur. L’autre ami, à ce moment, ne le ressent pas, il a des pensées différentes.

Est-ce que cela devrait se produire au même moment ou à tour de rôle ; par exemple, aujourd’hui c’est l’un, demain le suivant, et après-demain c’est moi ?

Réponse : Tout le monde le ressentira à différents moments jusqu’à ce que vous commenciez à ressentir l’unité ensemble, et ce n’est qu’à partir de ce moment-là que le Créateur commence à Se révéler en elle. Vous devez en arriver au point où, à l’intérieur de vous, vous vivez constamment dans cette solidarité collective. Ceci est le groupe.

Après tout, un groupe ne se compose pas simplement de dix personnes assises les unes à côté des autres. Le groupe est ce qu’elles ont séparé de leur égoïsme, elles veulent être au-dessus de lui, s’unir en cela et ressentir le Créateur dans le but de Lui donner, de sortir d’elles-mêmes, mais déjà ensemble comme un tout. Maintenant, elles cherchent où Il est afin de tout Lui donner, comme si elles Lui donnait un bouquet de dix roses.

Dans Le Livre du Zohar, cet état est comparé à une rose parmi les ronces. La rose (Shoshana) est MalkhoutShoshana vient du mot « taper dans les dents » car il est très difficile de sortir de soi-même, comme si une personne se faisait frapper à la mâchoire. Les ronces sont toutes les autres qualités que vous ne pouvez pas unir les unes aux autres. En général, c’est un gros travail.

Mais il ne peut pas en être ainsi aujourd’hui avec vous, demain avec un autre ami, puis avec un troisième, etc. Vous devez arriver à un état où vous travaillez constamment sur cela ensemble, où votre groupe et sa direction vers le Créateur sont les plus important pour vous. C’est le noyau de votre existence, de votre vie. C’est la seule raison pour laquelle vivre. Tout le reste n’est qu’un petit plus en comparaison !

Question : Pouvons-nous discuter, dans notre travail quotidien dans la dizaine, de ce que chacun de nous ressent à ce sujet et de la manière d’y parvenir ?

Réponse : En général, vous pouvez. Essayez simplement de vous comporter avec amour car si un ami explique comment il souhaite se connecter à la dizaine, tous les autres doivent faire très attention de ne pas le prendre à la légère, car vous pourriez annuler l’effort combiné du groupe.

Extrait de la leçon de Kabbale en russe, le 04/04/2019

La préparation commence le matin

Question : Est-il correct de me préparer à l’avance pour n’avoir qu’une seule pensée relative au Créateur, au groupe et à la dizaine ? Supposons que la semaine de travail habituelle commence demain. Je sais que si je ne me prépare pas, alors la journée de travail normale, avec tous ses problèmes, l’emportera.

Réponse : Ce à quoi vous vous préparez est votre problème, votre décision. Mais la préparation est toujours nécessaire dans tous les cas, et peu en importe la raison. Si une personne fait quelque chose, elle doit s’y préparer.

Dès que vous vous réveillez, la meilleure chose à faire est de diriger vos pensées vers il n’y a rien hormis Lui, et alors votre journée sera principalement consacrée à renforcer l’unité avec le Créateur qui vous contrôle absolument de toutes les manières et à chaque instant. Ensuite, à l’intérieur de cela, vous pouvez insérer tous vos problèmes matériels.

Extrait de la leçon de Kabbale en russe, le 03/02/2019