Discussions sur les degrés de l’échelle, Partie n°223

Quelle est la véritable image du Créateur ?

Nous ne parlons jamais de la façon dont les choses apparaissent du point de vue du Créateur, de ce qu’Il ressent ou de ce qu’Il est. Nous parlons de ce que la créature ressent venant de Lui, ou de la manière dont elle imagine l’état du Créateur, mais pas de Son état en dehors de la créature. Parfois, nous nous faisons toutes sortes d’idées sur un ami qui ne reflètent pas vraiment qui il est. Nous spéculons sur ses pensées, ses sentiments et ses soucis, et lorsque nous nous rapprochons un peu de lui, nous découvrons que rien de tout cela n’était vrai. Tout n’était qu’une image que nous avions créée dans notre imagination.

Il y a une différence entre connaître quelque chose à partir de notre for intérieur, en imaginant que les choses sont d’une certaine manière, et l’image véritable. Nous ne voyons ni ne connaissons jamais l’image véritable du Créateur. Nous ne pouvons connaître le Créateur qu’à travers nous-mêmes : ce que nous pensons de Lui, comment nous Le comprenons, et ainsi de suite. L’image la plus authentique que nous puissions atteindre, sans que nos récipients (Kelim) ne déforment ce que le Créateur souhaite que nous ressentions de Lui, est l’état de la réparation finale (Gmar Tikoun). L’Hôte souhaite servir un repas en cinq plats, chaque plat étant parfait à tous égards. Nous le recevons et, à travers lui, nous ressentons l’attitude de l’Hôte envers nous. Aller au-delà dépasse nos capacités.

Réfléchir et demander

276.05Question : À quoi faudrait-il constamment penser et que faudrait-il demander ?

Réponse : Au terme de toute réflexion, on s’aperçoit que le seul Hissaron (manque, désir) qui mérite notre préoccupation est le désir de réaliser la grandeur du Créateur. Seule la réalisation de Son importance, ressentir le Créateur, prendre conscience de Sa présence quelle qu’elle soit, ou l’impression reçue de Lui, peut me changer.

À l’heure actuelle, je suis esclave de mon désir de recevoir, mais je deviendrai esclave de Son désir de donner et de prodiguer sans réserve du plaisir. Il faut travailler précisément sur ce Hissaron, c’est-à-dire aspirer au désir pour la Lumière qui vient d’en haut afin de nous transformer.

En somme, il faut d’abord prendre conscience que je veux changer, dans la mesure où je suis capable de le désirer, et pour cela je me tourne vers le Créateur afin qu’Il me transforme.

Pourquoi devrais-je me tourner vers le Créateur ? Ne suffit-il pas que je veuille changer pour qu’Il le fasse Lui-même ? Le changement n’est pas un but en soi. Le véritable objectif est de m’attacher à Lui en m’adressant à Lui avec une requête. Ma transformation, en un sens, n’est qu’un moyen d’y parvenir.

Il s’avère que nous travaillons constamment sur le même Hissaron : comment fusionner plus intensément avec Lui, m’attacher à Lui et me rapprocher de Lui. C’est de là que je tire la force de fusionner avec Lui, ainsi que le besoin de le faire. Tout provient en réalité d’une source unique.

Extrait du Cours quotidien de Kabbale, le Rabash, « Qui témoigne d’une personne » du 24/08/2026

Discussions sur les degrés de l’échelle, Partie n°222

Quelle est la différence entre avant et après la barrière ?

Avant la barrière (Makhsom), la personne traverse deux étapes principales et très importantes :

1) La double dissimulation
2) La simple dissimulation

Ces deux étapes nous fournissent tous les récipients (Kelim) et les discernements que nous développerons ultérieurement dans la spiritualité, et sur lesquels nous grefferons des discernements supplémentaires. Les négligences et les erreurs que nous commettons sur notre chemin spirituel vers la barrière constituent les récipients mêmes que nous utiliserons plus tard.

La différence entre avant et après la barrière ne réside pas uniquement dans ces récipients. Le fait est qu’avant la barrière, lorsque nous sommes dans la dissimulation et que le Créateur n’est pas révélé, il nous arrive de ressentir quelque chose à l’égard du Créateur. Notre perception du Créateur correspond à la Lumière Environnante (Ohr Makif) et non à la Lumière Intérieure (Ohr Pnimi), car il nous manque encore un écran (Massach).

Après la barrière, nous acquérons un écran. L’acquisition du premier écran est appelée « franchir la barrière », et par la suite, d’autres écrans s’y ajoutent. Alors, selon la puissance de notre écran, nous pouvons recevoir la Lumière Intérieure, qui constitue une sensation claire et tangible de la Divinité.

Discussions sur les échelons de l’échelle, Partie n°220

Que veut dire que le Créateur se comporte avec nous comme si nous étions déjà à la correction finale ?

Nous sommes effectivement avec le Créateur dans le meilleur et le plus parfait des états qui soit, mais cet état nous est dissimulé derrière 125 revêtements. Là, quelque part à l’intérieur de l’état de la correction finale, le Créateur interagit avec nous à travers ces 125 revêtements. Nous percevons l’attitude du Créateur au travers de ces 125 voiles, qui l’atténuent à tel point que nous finissons même par en inverser la perception. Ainsi, du point de vue du Créateur, nous sommes parfaits, alors que ce n’est qu’à partir de notre propre point de vue que nous sommes imparfaits.

Cela signifie que la correction de soi s’opère dans notre propre intérêt. En nous corrigeant, nous ne rendons aucun service au Créateur.

Discussions sur les degrés de l’échelle, Partie n°221

Le Créateur nous donne-t-il sans réserve l’état de la correction finale ?

Le Créateur nous accorde sans réserve cet état comme si nous nous y trouvions déjà ; en réalité, nous sommes effectivement dans l’état de la correction finale. C’est seulement notre perception qui nous donne l’impression du contraire. En d’autres termes, ce « comme si » concerne notre perception, et non l’état de la correction finale lui-même. La correction finale est le seul état qui existe réellement, et nous nous leurrons en pensant que nous en sommes exclus. Cette illusion provient de l’engourdissement de nos sens. Il nous faut donc corriger nos sens afin de ressentir l’endroit où nous existons déjà.

Le Rabash compare cela à une personne inconsciente qui, peu à peu, reprend connaissance. Ce « retour à la conscience » s’opère à travers les 125 degrés, grâce auxquels les états s’éclaircissent progressivement pour elle, jusqu’à ce qu’elle atteigne l’état dans lequel elle existe véritablement. Ce processus se poursuit jusqu’à ce que sa conscience et l’état dans lequel elle existe ne fassent plus qu’un.

La véritable force de la foi

236.01Question : Que signifie acquérir la véritable force de la foi ?

Réponse : Cela signifie que tout ce qui s’éveille en moi, même si c’est à l’opposé du Créateur, même si ce n’est pas encore corrigé, je serai capable de le corriger avec l’aide du pouvoir de la foi. Le pouvoir de la foi est la sensation du divin, la sensation de la perfection, la sensation de l’éternité, la sensation de l’importance du don sans réserve pour le don sans réserve. Tout ce que nous ressentons dans la spiritualité ou dans le Créateur est la qualité du don sans réserve.

Ainsi, tout ce qui vous semble bon, chaleureux, doux, bienveillant (je ne sais pas exactement comment vous le ressentez), tout ce que vous définissez comme bon pour vous, traduisez-le par un seul mot : le donneur. Non pas quelque chose qui vous donne, mais précisément la qualité du don sans réserve.

C’est quelque chose de doux, de bienveillant, de bon, mais pas par rapport à moi-même où je serais celui qui reçoit ; il s’agit plutôt de la qualité elle-même. Et si je désire cette qualité, alors c’est comme cela que je dois être. C’est-à-dire revêtir la qualité du donneur, être un donneur et ressentir ce que je perçois, comme on dit, comme étant doux, chaleureux et bon. C’est la même chose.

Extrait de la Leçon quotidienne de Kabbale, le Rabash, « Que signifie ‘ne rien ajouter ni rien enlever’ dans le travail ? » du 13/08/2026

Discussions sur les échelons de l’échelle, Partie n°218

Sur quel désir, parmi tous nos désirs, devons-nous travailler en premier afin qu’il soit dans l’intention de donner sans réserve ?

Nous avons de nombreux désirs, et nous ne travaillons pas sur eux tous simultanément. Nous y travaillons un par un. Les kabbalistes disent qu’il faut commencer par le plus petit désir, afin d’avoir la certitude de ne pas échouer. Une fois le travail sur celui-ci achevé, on choisit un désir plus grand.

Qui êtes-vous par rapport au Créateur ?

231.03En règle générale, nous veillons à ce que notre désir commun de recevoir ne soit pas lésé. Par conséquent, je vérifie toujours dans quelle mesure je peux utiliser chacune de mes qualités et me présenter en société conformément à ses normes les plus respectées.

Si le groupe auquel j’appartiens valorise la paresse, alors je serai le plus grand des paresseux. Si l’orgueil est respecté, alors je me montrerai comme l’incarnation même de l’arrogance.

J’agis ainsi vis-à-vis de la société et j’utilise mes qualités pour en tirer le plus grand avantage. Ce n’est pas que ces traits soient intrinsèquement bons ou mauvais ; par rapport au Créateur, ils ne contiennent ni bien ni mal.

En bref, ce qui se trouve en dessous du Machsom (barrière) ne doit pas nous préoccuper. Ce n’est que par rapport au Créateur que nous devrions commencer à nous soucier de qui et de ce que nous sommes, de notre véritable nature.

Question : Parlez-vous de ces qualités au sens ordinaire du terme ?

Réponse : Non, au sens ordinaire, il ne s’agit que de traits d’ordre animal. Mais plus tard, lorsque l’on franchit le Machsom, ces traits cessent d’être animaux pour devenir spirituels ; c’est-à-dire qu’ils revêtent une nature totalement différente par rapport au Créateur.

Extrait de la Leçon quotidienne de Kabbale, le Rabash, « Que faire si l’on est né avec de mauvaises qualités ? » du 16/07/2026

Sous contrôle constant

235Tous les états que nous traversons peuvent et devraient certainement être vécus ; toutefois, nous devons les maintenir sous un contrôle constant et ne pas succomber aux sensations, qu’elles soient négatives ou positives. Nous devons constamment maîtriser nos sentiments grâce à la raison. Ainsi, la raison et les sentiments s’équilibrent mutuellement, de sorte que l’un ne l’emporte pas sur l’autre.

Si l’intellect l’emporte sur les sentiments, on devient un « petit malin » : « Pourquoi devrais-je faire tout cela ? De toute façon, je n’y arriverai pas. Le Créateur est plus grand que moi, alors laissons-Le agir. Et si rien ne se passe, eh bien, tant pis. » Et ainsi de suite dans le même état d’esprit. Mais si ce sont les sentiments qui prévalent, alors la personne qui s’y laisse submerger est incapable de faire appel à sa raison.

Quelle est donc la solution ? Nous devons trouver des forces dans le groupe qui nous aideront à nous libérer de cet état et à atteindre l’équilibre. Il n’y a pas d’autre issue.

Extrait de la Leçon quotidienne de Kabbale, le Rabash, « Que signifie ‘ne rien ajouter ni rien retrancher’ dans le travail ? » du 13/08/2026

Une poupée à mécanisme

417Question : Quel exemple donneriez-vous d’une personne en plein développement ?

Réponse : Une poupée se déplace grâce à un petit moteur, sous lequel se trouve un rhéostat. Lorsque l’on règle ce rhéostat, le développement de la poupée s’amorce. Elle se transforme, mue d’abord par la consommation, puis par le désir de savoir, et enfin par celui de comprendre la cause profonde de la souffrance, une souffrance que ni le développement de la consommation ni l’acquisition de connaissances, ni même les tentatives d’y échapper, n’ont permis de résoudre. Tout cela conduit la poupée à vouloir comprendre l’origine de cette souffrance. Ce processus se déroule conformément au programme intégré à la poupée.

Et elle finit par comprendre que la souffrance a un but : elle la contraint à changer. Le Créateur commence à « perturber » ceux qu’Il souhaite rapprocher de Lui.

Par ce biais, le Créateur montre à l’individu qu’il doit changer lui-même, plutôt que de chercher à modifier son environnement ou son mode de vie pour les adapter à ses propres convenances. Aucune de ces démarches ne permet d’échapper à la souffrance, et rien de véritablement constructif ne peut en résulter. C’est ainsi que le Créateur pousse l’individu à changer.