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Notre omission

528.03Lorsque je me restreins afin de me préoccuper de mon prochain, je ne me soucie pas secrètement de mon propre intérêt. Je ne pense simplement pas à moi. Cette correction s’opère en moi par la Lumière. C’est ce que signifie s’élever au-dessus du désir, accomplir la Première Restriction (Tsimtsoum Aleph) et acquérir la qualité du don sans réserve. Tout cela est le résultat de l’action de la Lumière seule.

Mon souci du prochain n’est en aucun cas lié à des besoins matériels. Je continue à manger, à boire, à dormir et à subvenir à tous mes besoins. L’essentiel réside dans le désir, dans mon attitude intérieure face à l’acte.

Par exemple, je peux avoir un vif désir d’aider un malade, de le nourrir et de lui donner à boire, mais les médecins ne lui permettent rien de plus qu’un morceau de pain et un verre de thé. Ainsi, même si je voulais lui offrir un repas copieux et que j’en ai la capacité, je suis limité.

Il s’avère donc que tout est une question d’intentions. Nous construisons nos relations, la solidarité entre nous, non sur une base artificielle. C’est pourquoi il semble impossible d’atteindre le don sans réserve et l’unité, impossible de se détacher de soi-même et de ne penser qu’à son prochain sans se soucier de l’essentiel. Or, cet essentiel me vient des autres pour subvenir à mes besoins. Dans notre solidarité (Arvout), ils se soucient de mes besoins matériels et se consacrent 100% à ma réussite spirituelle.

Tout cela doit être organisé avec soin. Qui sont les amis ? Ce sont des désirs qui reçoivent, corrigés par la Lumière qui ramène à la source. Rien ici n’est produit par nos propres efforts. Les efforts doivent être investis uniquement pour attirer la Lumière qui viendra nous corriger. Il est tout simplement absurde de penser que nous agirons par nous-mêmes dans le don sans réserve. Une personne peut-elle sauter plus haut que de sa propre hauteur ?

Notre problème est que, dans toutes nos actions, nous ne visons pas la Lumière. Nous pensons que l’action elle-même produira le résultat, que si nous nous embrassons mutuellement, nous en viendrons à aimer notre prochain. Mais non, il faut s’embrasser avec l’intention qu’à travers cela, la Lumière vienne nous unir dans une étreinte intérieure.

Tout s’accomplit par la Lumière qui ramène vers le bien. Nous oublions l’élément le plus important, la seule force qui agit réellement.

Il semble très difficile, voire impossible, de relier en un seul tout la solidarité, l’adhésion, l’unité, autrui, le don sans réserve et le besoin urgent, afin qu’ils deviennent un seul et même récipient pour la révélation du don sans réserve absolu, c’est-à-dire la révélation du Créateur à la création. Et la raison en est simplement que nous ne faisons pas appel à la force qui nous permettra de construire cet état. Nous croyons à tort pouvoir le créer par nous-mêmes.

Extrait de la Leçon quotidienne de Kabbale, Les Écrits du Baal HaSoulam, « Matan Torah (Le Don de la Torah) » du 11/07/2011